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Partage d'informations

Par rapport au partage d'informations vers l'amont et vers l' aval de la chaîne logistique, nous vous proposons un résumé des résultats les plus marquants :

  • Le partage d'informations par les entreprises dans leur chaîne logistique tant du côté amont que du côté aval est important.
  • 70% des entreprises échangent au moins plus de la moitié des informations en aval évoquées dans le questionnaire; 15% des entreprises les échangent toutes. Ces dernières sont des entreprises qui ont pour point commun d'avoir identifié la connaissance des besoins des clients comme principal facteur clé de succès.

  • La taille de l'entreprise ne semble pas avoir de lien significatif avec l'importance du partage d'informations dans la chaîne logistique. On peut toutefois noter que les entreprises «extrêmes» (qui échangent toutes les informations ou aucune) sont de petites entreprises.

  • En outre, l'analyse des données montre que la principale raison qui pousse à l'échange d'information vers l'amont est un facteur interne, «l'objectif stratégique de produit différencié», dont on pourrait penser qu'il explique surtout l'échange d'information aval.

  • De même, la raison principale qui pousse à l'échange d'information vers l'aval est le facteur interne, «l'objectif stratégique de produit standardisé» dont on pourrait penser qu'il explique surtout l'échange d'informations amont.

  • Enfin, la connaissance des besoins des clients n'apparaît pas comme explicatif de l'échange d'information vers l'aval.

On peut suggérer ici que ce qui significativement peut expliquer les différences entre les entreprises qui échangent beaucoup d'informations et celles qui le font moins tant en amont qu'en aval va être la façon dont elles vont intégrer les attentes de l'autre versant de la chaîne.

  • Les informations principalement échangées vers l'aval sont les «informations sur «l'activité clients» et les «informations sur les délais».

  • Les informations principalement échangées vers l'amont sont les informations sur les «Prévisions de demande d'achat» et les informations sur «les procédures qualité». On peut noter que ces échanges sont concentrés sur un ou deux partenaires mais cette concentration semble moins développée en amont qu'en aval et moins marquée pour les principales informations échangées (prévisions de demande d'achat et procédures qualité).

Plus précisément...

Une analyse approfondie des informations échangées par les entreprises nous permet de proposer une cartographie des entreprises de l'échantillon et d'identifier des groupes d'entreprises. La cartographie (figure 1) est obtenue par analyse en correspondances multiples.


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Figure n°1 Cartographie des entreprises de l'échantillon en fonction de leurs pratiques de collaboration en matière d'informations au sein des chaînes logistique

Introduction à l'analyse

    La dimension 1 (horizontale) de la cartographie concerne la profondeur de partage d'informations vers l'aval, tandis que la dimension 2 (verticale) porte davantage sur le partage d'informations vers l'amont. Ces dimensions sont celles sur lesquelles se différencient principalement les entreprises. Il faut noter que c'est avant tout la dimension 1, qui porte sur le degré d'extension du partage d'informations avec l'aval, qui est la plus discriminante des groupes d'entreprises et des pratiques des entreprises entre elles.

  • Il apparaît en outre, que les groupes d'entreprises qui s'opposent sur la dimension 1, s'opposent non pas sur l'échange d'informations sur les activités clients (ni sur les délais de livraison que les entreprises échangent à près de 80%) que la plupart des entreprises des groupes échangent mais plus précisément sur le degré d'extension de l'échange d'informations vers l'aval. Ainsi les entreprises du groupe 2 partagent des informations sur les activités clients tout comme celles du groupe 1 mais elles ne partagent pas d'informations, à la différence de celles-ci, sur la stratégie commerciale ou sur la traçabilité de la commande.

  • Il convient toutefois de préciser que tous les groupes d'entreprises ne pratiquent pas d'échange d'information sur les activités clients comme pourrait le laisser entendre une première analyse des résultats. En réalité, il existe sur cette carte une zone de partage (cf figure) des groupes d'entreprises entre ceux qui partagent l'information sur les activités clients et ceux qui ne la partagent pas.

  • Dès lors la dimension 1 oppose, pour les groupes d'entreprises qui partagent l'information sur les activités clients ceux qui se contentent de cet échange et ceux qui en revanche vont plus loin dans le degré de partage d'information vers l'aval en complétant cet échange par un partage d'informations sur la stratégie commerciale et sur la traçabilité de la commande.

  • Les entreprises s'opposent sur la dimension 2 sur le partage d'informations avec leurs partenaires en matière de prévisions de demande d'achat.

Profils des entreprises collaboratives

Nous obtenons donc une interprétation de la cartographie qui nous permet de mieux identifier les groupes et les nommer.

  • Le groupe 1, «les collaboratives» (entreprises n° 4, 6, 11,15, 17, 18, 21, 22 et 20), réunit des entreprises qui échangent de nombreuses informations avec leurs partenaires et notamment sur «l'activité client», «la stratégie commerciale», «la traçabilité de la commande clients» mais également sur les «prévisions de demande d'achat» (sauf pour entreprise n°20) ainsi que pour la plupart d'entre elles sur les «procédures qualité». C'est un groupe d'entreprises développant un partage d'information extensif vers l'aval ainsi qu'un partage d'information vers l'amont avant tout centré sur les prévisions de demande d'achat et sur les procédures qualité. Ces entreprises sont à la fois des petites et des grandes entreprises.

  • Le groupe 2, «les concentrées» (entreprises n°8, 12, 2 et 3), est un groupe d'entreprises qui a une vision restreinte de l'échange d'information vers l'aval fondé avant tout sur le partage d'informations sur les «activités clients» (et les délais de livraison). Elles échangent en amont des informations sur les «prévisions de demande d'achat» mais pas sur les «procédures qualité», avec un sous-groupe (les entreprises 2 et 4) qui échangent beaucoup d'informations vers l'amont, tandis que l'autre sous-groupe, (les entreprises 8 et 12) en échangent relativement moins.

  • Le groupe 3, «les faiblement collaboratives» (entreprises n°14, 16, 5, 7, 9), s'oppose au groupe 2 en matière d'échange d'information vers l'aval. C'est un groupe qui a mis en place un partage d'informations vers l'aval très restreint voire, pour certaines entreprises du groupe, inexistant (par exemple l'entreprise n°16).Ce groupe partage des informations vers l'amont principalement centré sur les prévisions de demande d'achat. Le groupe n°3 est donc un groupe d'entreprises qui partagent des informations de façon assez restrictive tant vers l'amont que vers l'aval. Les entreprises 14 et 16 sont d'ailleurs les seules entreprises de l'échantillon à ne pas partager d'informations sur les délais de livraison vers l'aval. Il convient de noter que ces entreprises à l'exception de l'entreprise 16 sont des PME.

  • Le groupe 4, «les centrées vers l'amont» composé des entreprises 1 et 19, est un groupe d'entreprises qui n'échangent pas d'informations vers l'aval avec leurs partenaires ni sur «l'activité clients», ni sur «la stratégie commerciale» mais uniquement sur la «traçabilité de la commande client», «les délais de livraison» et les «paramètres de gestion». Les entreprises échangent en revanche vers l'amont des informations sur les «prévisions de demande d'achat» et sur les «procédures qualité» ainsi que sur les «plannings de production» et les «paramètres de gestion».

  • Le groupe 5, «les atypiques» composé des entreprises 10 et 13, est un groupe un peu atypique dans la mesure où les entreprises qui le composent n'échangent pas d'informations sur ce qui, dans les autres entreprises, est la base des échanges (par exemple sur les «activité clients» ou pour l'entreprise 10 pas sur les «prévisions de demande d'achat»), mais échangent vers l'aval des informations sur la «stratégie commerciale», sur la «traçabilité de la commande» et sur les «délais de livraison».

Les moyens de communication et les systèmes d'information

  • Les moyens de communication et la nature des systèmes d'information utilisés pour échanger ces informations semblent en revanche communs aux différents groupes d'entreprises.

  • Les moyens de communication principalement utilisés sont le téléphone, le fax et le Web.

  • Les recours à l'ERP et à Excel dans l'échange d'information que ce soit vers l'amont ou vers l'aval sont massifs dans les entreprises de l'échantillon: 82% des entreprises les utilisent.

  • Le recours à l'ERP est complété, surtout en aval, par une utilisation intensive de briques applicatives spécifiques. Ces briques applicatives spécifiques sont utilisées plus particulièrement pour l'échange d'informations sur les «stratégies commerciales» en aval et en particulier pour l'échange d'informations sur les» prévisions de demande d'achat» en amont.

  • Elles sont également utilisées en aval pour les «délais de livraisons», pour les «stocks et les ventes» et, en amont, pour le «suivi avancement fournisseurs» et pour les «paramètres de gestion de production du fournisseur».

  • Les autres briques (BI, CRM…) sont en revanche faiblement utilisées.

Sécurité et contractualisation des échanges d'informations

  • Les échanges sont parfois contractualisés mais peu sécurisés. Le contenu de l'information semble aisément modifiable.Les entreprises mettent en place des contrats surtout dans leur échange vers l'amont et essentiellement sur l'échange d'informations sur «les plannings de production», sur les «prévisions de demande d'achat» et sur les «paramètres de gestion de production fournisseurs». En aval, les contrats portent plutôt sur les informations de type «activités clients», «stocks» et «délais». En revanche, il n'y a aucun contrat sur le partage d'informations sur «la stratégie commerciale» et la contractualisation existe très faiblement sur le partage d'informations pour les informations sur la «traçabilité de la commande».

  • On a pu noter en outre une très faible attention portée par les entreprises interrogées sur la sécurisation du partage d'informations. Lorsque cette sécurisation existe, elle est réalisée essentiellement par la mise en place de login comme moyen principal de sécurisation.

Continuer et visualiser les impacts des échanges d'informations sur la performance




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