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Méthodologie
Cette partie du guide repose essentiellement sur une analyse de la littérature scientifique portant sur le partage d'information dans les relations inter-entreprises et dans les chaînes logistiques.
Notre travail s'appuie sur deux revues de la littérature (HLM 03, CHE 03) et un certain nombre d'articles (GAV 02, LST 00, RAG 01, CF 00, HH 03, CY 01, LPW 97 et SSS 97) issus des principales revues du domaine.
Notre analyse des travaux académiques a montré que tous ces travaux reposent sur une méthodologie d'évaluation relativement similaire. Il s'agit en règle générale de modéliser des contextes industriels stylisés où des acteurs d'une chaîne logistique sont amenés à prendre des décisions opérationnelles sur la base d'information plus ou moins partagées.
Pour une meilleure compréhension de nos résultats, nous vous conseillons de prendre connaissance de la fiche "Méthodologie des travaux étudiés (pdf-120 Ko)". Par ailleurs, les références bibliographiques utilisées dans cette partie du guide Evaluer les impacts du partage d'information sont regroupées dans le fiche "Bibliographie Impacts (pdf - 93 Ko)".
L'analyse de ces travaux a montré que trois points clefs peuvent caractériser la modélisation du partage d'information et la détermination de sa valeur : la structure de la chaîne logistique, la nature des informations partagées ou à partager, et la nature des indicateurs de performance utilisés pour juger des bénéfices du partage des informations.
1. La structure de la chaîne.
La structure des chaînes étudiées correspond à la définition du nombre d'acteurs impliqués dans la chaîne, ainsi que les modalités et les contraintes pour la circulation des flux physiques entre les acteurs indépendants :
Structure Nx1 (ou chaîne en série) : Cette chaîne est celle qui est envisagée dans les travaux sur l'effet "Bullwip". La chaîne Nx1 consiste en une série de N acteurs qui sont fournisseurs l'un de l'autre (l'acteur 1 est fourni par 2, 2 est fourni par 3, etc.).
Structure 1:N (ou chaînes divergentes) : Cette chaîne consiste en un fournisseur qui sert N donneurs d'ordre différents pour le même produit. Ce cas se présente par exemple lorsque N distributeurs sont approvisionnés par un même dépôt.
Structure N:1 (ou chaîne convergente) : Un donneur d'ordre est fourni par N fournisseurs, chacun d'eux fournissant un produit spécifique, ces différents produits étant indispensables à la production du donneur d'ordre.
Structure N:1:M (ou chaîne conjointe) : Succession d'une chaîne convergente par une chaîne divergente. Un constructeur joue le rôle central de coordination entre N fournisseurs et M distributeurs.
2. La nature de l'information étudiée.
Le fonctionnement des chaînes logistiques, et des entreprises partenaires, intègre un grand nombre de variables opérationnelles qui nécessitent des prises de décision rapides mais surtout coordonnées. Les processus de décision utilisés par les entreprises reposent sur des informations, notamment celles qui portent sur "l'état" des variables opérationnelles. Mais notre analyse de la littérature montre que certaines informations peuvent prendre soit le statut "d'information à partager" entre les partenaires pour améliorer la performance de la chaîne dans son ensemble, soit le statut de "paramètre" qui influence les conditions et les bénéfices pouvant résulter d'un partage d'autres informations.
Les informations susceptibles d'être partagées sont de nature très diverses : informations sur les produits et/ou les processus de production, informations sur les ressources utilitées par les entreprises, information sur les niveaux de stockes et d'encours, mais également sur les politiques d'approvisionnement utilisées par les entreprises, informations sur les délais de productions et leurs aléas, informations sur la demande finale et/ou les ventes réalisées, informations sur les paramètres de plannification de la production, etc ...
3. Les performances.
Il est admis que le partage d'information a un impact positif sur les performances de la chaîne, et de facto, sur celles des entreprises. Les critères rencontrés dans la littérature sont variés, ils doivent permettre de quantifier le gain entre les différents scénarii de partage d'information. Par exemple dans le "jeu de la bière", le non partage de l'information (ici la demande sur le marché final) induit un phénomène qualitatif d'amplification des variations des commandes entre membres de la chaîne (ou «bullwhip effect»). Ce phénomène est mis en évidence en montrant l'augmentation de la variance des commandes dans la chaîne.
D'autre part, dans ces études théoriques on peut considérer la performance locale d'un acteur ou la performance globale de la chaîne. Il est clair que toute amélioration de la performance d'un élément de la chaîne a des répercutions sur les résultats globaux et certains indicateurs se prêtent bien à cette double approche (par exemple le profit ou les coûts de stockage). En règle générale, les indicateurs utilisés portent sur : les niveaux de stocks et d'encours (ainsi que leurs variations), le fonctionnement du processus logistique (temps de cycle complet, ruptures), la qualité de service (intra-entreprises ou pour les consommateurs finaux), les aspects financiers (coûts globaux ou individuels, profits des entreprises).
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