Conclusion et perspectives
Ce travail a porté sur l'étude du rôle et de l'usage des systèmes d'information en tant que mécanisme de coordination de la supply chain. Le nécessaire recensement des « briques » applicatives pouvant contribuer à supporter les processus logistiques nous a permis d'identifier le manque de référentiel en la matière du fait de la multiplicité des outils du marché à répondre à la gestion des informations des différents processus logistiques.
L'analyse, au regard d'enquêtes, de l'usage de certaines briques telles que les ERP ou APS en tant qu'applications les plus fréquemment utilisées par les entreprises, nous a permis d'identifier leurs intérêts et limites aux pratiques collaboratives de la supply chain. En effet, les ERP sont reconnus comme outil essentiel à la numérisation des processus opérationnels mais leur champ d'action intègre rarement les systèmes amont et aval de la chaîne reposant sur des logiciels dédiés (CRM par exemple). L'équipement des entreprises partenaires de la chaîne semble ne pas avoir atteint le niveau d'intégration souhaité par les acteurs eux mêmes conscients des besoins en la matière. L'ERP quant à lui, offre aux entreprises utilisatrices un niveau d'intégration fonctionnel interne nécessaire à la mise en œuvre d'interdépendance de processus avec l'extérieur. Cependant, des besoins informationnels relatifs aux activités de contrôle et de planification demeurent même dans les cas d'implémentation d'un ERP.
Les usages d'un APS font état d'analyses du même type à savoir : une faible intégration du processus alors même que la nécessité de collaborer est partagée par les acteurs. Ces derniers faisant preuve d'une utilisation partielle des modules (préférences d'usage des modules de gestion de la demande au détriment de ceux dédiés à la planification et à l'ordonnancement).
L'usage de ces briques applicatives fait naître deux types de questionnements :
- Existence d'une complexité trop forte des outils limitant leur plein usage ?
- Difficulté de ces outils à répondre aux besoins de coordination des entreprises de la chaîne ?
Concernant le second point, l'analyse de la littérature présente clairement l'intérêt des systèmes en tant que mode de coordination d'une chaîne logistique au niveau opérationnel. Les systèmes sont caractérisés comme un facteur facilitateur de la coordination. Ils interviennent en complémentarité des processus et permettent la mise en cohérence des information issues du partage, et ainsi, la compréhension mutuelle. Ce rôle facilitateur peut également s'analyser en fonction de la nature des informations et ou de ses utilisateurs utiles à la collaboration, ou de façon dynamique via les processus d'adoption.
Les enquêtes quant à elles ont montré la conscience des acteurs des intérêts opérationnels attendus de l'usage de tels outils (contribution à la performance en améliorant la compétitivité prix, qualité, service, délais).
Les perspectives de ces travaux pourront s'articuler en l'étude de deux questionnements :
- Quelles sont les difficultés d'alignement des systèmes d'information avec la stratégie des entreprises au sein d'une chaîne logistique ?
- Comment évolue l'usage de ces outils et quels bénéfices opérationnels en retirer ?
Sur cette base, ils aideront à construire un cadre d'analyse permettant de comprendre l'articulation entre les briques applicatives support de fonctions mettant à disposition les informations nécessaires aux pratiques collaboratives engagées dans l'exécution et le pilotage des processus logistiques.
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